Jésus a-t-il épousé Marie-Madeleine ?

Le Da Vinci Code prétend que le Christ a épousé Marie-Madeleine et qu'ils ont eu une descendance. Mais il n'existe aucune trace historique d'un mariage de Jésus.

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Ce que dit le Da Vinci Code : le Christ était marié. Il avait pour épouse Marie Madeleine, et il eut avec elle une descendance. D'ailleurs, dans la mentalité juive de l'époque, il aurait impossible que le Christ soit célibataire, car le célibat était condamné par la coutume. L'Église a fait de Marie Madeleine une prostituée, pour effacer la trace de ses origines royales.

Ce que dit l'histoire : il n'existe aucune trace d'un mariage de Jésus. Le silence complet de la Bible sur ce point serait incompréhensible si le Christ avait eu une épouse. Dans les mentalités juives de l'époque du Christ, la virginité volontaire n'était pas du tout inconcevable, notamment dans le contexte de l'attente messianique. L'idée d'un mariage de Jésus n'a aucun fondement historique. Les relations du Christ avec Marie Madeleine sont empreintes d'une grande affection, comme ses relations avec saint Jean, par exemple. Mais rien dans les textes ne permet de supposer que le Christ n'est pas resté célibataire.

Ce que dit la Bible : Marie Madeleine est une des femmes qui accompagnent Jésus, et dont certains noms sont donnés dans l'évangile (Marthe et Marie : Lc 10, 38-42 ; Jeanne, Marie de Magdala, Suzanne : Lc 8, 1-3). Marie Madeleine se montre profondément attachée au Christ, auquel elle donne le titre solennel de « Rabbouni », lorsqu'elle le rencontre après la résurrection (cf. Jn 20, 16). Jamais les évangiles ne laissent supposer qu'il existe une relation amoureuse entre Jésus et Marie Madeleine. Dans le Nouveau Testament, il est dit clairement, en revanche, que le Christ est l'époux de l'Église, exactement dans le même sens que, dans l'Ancien Testament, Yahvé se présentait comme l'époux de son peuple Israël.

Quant à Marie Madeleine, les évangiles disent d'elle que Jésus en avait chassé « sept démons » (cf. Mc 16, 9 ; Lc 8, 1-3). Une longue tradition l'a associée à la pécheresse qui oignit de parfum les pieds de Jésus (cf. Lc 7, 36-50), et à Marie, sœur de Marthe et Lazare (cf. Lc 10, 39 ; Jn 11, 1-45 et 12, 1-8). De nos jours, l'identité entre ces trois personnes (Marie de Magdala, Marie, sœur de Marte et Lazare, et la pécheresse pardonnée et aimante) n'est plus considérée comme probable par de nombreux spécialistes.

Ce que dit l'Église : l'Église n'a d'autre raison d'être que de transmettre fidèlement la foi des Apôtres et la grâce de Jésus-Christ. Elle ne veut rien ajouter ou retrancher du témoignage des Apôtres sur le Christ. C'est sur cette base qu'elle affirme que Jésus n'a jamais pris femme. À partir de ce fait, et de ce qu'en dit l’Écriture, l'Église approfondit sa compréhension du mystère de Dieu et de son dessein de salut. Dans cette perspective, le fait que le Christ n'ait pas été marié permet à l'Église, Peuple de Dieu, de se reconnaître comme l'épouse du Christ.

En Marie Madeleine, la tradition chrétienne a toujours reconnu une figure insigne du repentir, un modèle de l'amour confiant du pécheur pardonné par le Christ, un exemple de vie contemplative. Loin de dévaluer Marie Madeleine, l'Église l'honore comme sainte Marie Madeleine, et de nombreux sanctuaires lui sont dédiés (comme la basilique de Vézelay). Il n'existe aucune trace de la prétendue lignée royale de Marie Madeleine. Pour les chrétiens, la noblesse des origines n'est rien : c'est l'accueil de la grâce et du pardon de Dieu qui fait la grandeur du chrétien. Le Royaume des Cieux, a dit Jésus, est pour les pauvres, les enfants, et ceux qui leurs ressemblent. « Les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers » (Mt 20, 16).


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