Fioretti juin 2017

Partir en mission, avec espérance et sans hypocrisie : quelques messages du Pape François pendant le mois de juin

Fioretti du pape François
Opus Dei - Fioretti juin 2017

Partir en mission, ce n’est pas faire du tourisme

Angelus du 25 juin 2017 :

« Partir en mission, ce n’est pas faire du tourisme, et Jésus avertit les siens : ‘Vous rencontrerez des persécutions’. Il les exhorte ainsi : ‘N’ayez pas peur des hommes, parce qu’il n’y a rien de caché qui ne sera révélé […]. Ce que je vous dis dans les ténèbres dites-le, vous, dans la lumière […]. Et n’ayez pas peur de ceux qui tuent le corps, mais n’ont pas le pouvoir de tuer l’âme’. Ils ne peuvent tuer que le corps, ils n’ont pas le pouvoir de tuer l’âme : de ceux-là, n’ayez pas peur.

L’envoi en mission par Jésus ne garantit pas aux disciples le succès, de même que cela ne les met pas à l’abri des échecs ni des souffrances. Ils doivent tenir compte de la possibilité du refus comme de la persécution. Cela fait un peu peur, mais c’est la vérité. Le disciple est appelé à conformer sa vie au Christ qui a été persécuté par les hommes, a connu le refus, l’abandon et la mort sur la croix. Il n’y a pas de mission chrétienne à l’enseigne de la tranquillité ! Les difficultés et les tribulations font partie de l’œuvre d’évangélisation, et nous sommes appelés à trouver l’occasion de vérifier l’authenticité de notre foi et de notre relation à Jésus. Nous devons considérer ces difficultés comme la possibilité d’être encore plus des missionnaires et de grandir dans cette confiance en Dieu, notre Père, qui n’abandonne pas ses enfants à l’heure de la tempête.

Dans les difficultés du témoignage chrétien dans le monde, nous ne sommes jamais oubliés, mais toujours assistés par la sollicitude attentionnée du Père. »

Pas de beauté maquillée

À Sainte-Marthe, le 9 juin 2017 :

Celui qui cherche à s’auto-réconforter « finit par se regarder dans un miroir, il se regarde dans la glace, il cherche à se maquiller, à apparaître. Il se console avec ces choses fermées qui ne le laissent pas grandir et l’air qu’il respire est l’air narcissique de l’autoréférence. Voilà le réconfort maquillé qui ne permet pas de grandir. Et cela n’est pas du réconfort, parce que c’est fermé, il manque l’altérité ».

Dans l’Évangile, ce comportement est illustré par la prière du pharisien : ‘Je te remercie parce que je ne suis pas comme les autres’. Celui-ci se regardait dans la glace… il regardait son âme maquillée avec des idéologies et il remerciait le Seigneur ».

En réalité, le réconfort est « un don » : « c’est Dieu qui réconforte ». Et il doit être reçu dans un état de nécessité : « si je laisse entrer le réconfort du Seigneur comme don, c’est parce que j’ai besoin d’être réconforté. J’ai besoin : pour être réconforté, il est nécessaire de reconnaître qu’on en a besoin. C’est seulement comme cela que le Seigneur vient ».

Dans les moments de « croix », « prier, prendre patience et avoir au moins un petit peu d’espérance » : il faut éviter de tomber « dans la vanité » parce que « le Seigneur est toujours là ». Mais il faut aussi « ne pas se laisser piéger par la vanité » dans les « beaux moments ».

La langue bifide du diable

À Sainte-Marthe, le 5 juin 2017 :

« Que de mal l’hypocrisie fait à l’Église […] L’hypocrite est capable de tuer une communauté. Il parle doucement, mais il est en train de mal juger une personne. L’hypocrite est un tueur. […] Souvenons-nous de cela : cela commence par l’adulation, on ne répond qu’avec la réalité : la réalité, la voilà. […]Et finalement, c’est le langage même du diable qui sème cette langue bifide dans les communautés pour les détruire. »

La ‘thérapie de l’espérance’

Audience générale du 24 mai 2017 :

« Les deux pèlerins d’Emmaüs cultivaient une espérance seulement humaine, qui maintenant se brisait en mille morceaux. Cette croix hissée sur le Calvaire était le signe le plus éloquent d’une défaite qu’ils n’avaient pas pronostiquée. Si vraiment ce Jésus était selon le cœur de Dieu, ils devaient en conclure que Dieu était désarmé, sans défense dans les mains des violents, incapable d’opposer une résistance au mal.

Ainsi, ce dimanche matin, les deux hommes s’enfuient de Jérusalem. Ils ont encore dans les yeux les événements de la passion, de la mort de Jésus ; et leur esprit broie du noir sur ces événements, durant le repos forcé du sabbat. Cette fête de Pâques, qui devait entonner le chant de la délivrance, était devenue au contraire le jour le plus douloureux de leur vie. Ils quittent Jérusalem pour s’en aller ailleurs, dans un village tranquille. Ils ont tout l’air de personnes occupées à chasser un souvenir qui les brûle. Ils sont sur la route, et marchent, tristes. […] Les deux disciples marchent, l’air songeurs, et un inconnu arrive près deux. C’est Jésus; mais leurs yeux ne sont pas en mesure de le reconnaître. Alors Jésus commence sa ‘thérapie de l’espérance’. […] Tout d’abord, il demande et il écoute : notre Dieu n’est pas un Dieu envahissant. Même s’il connaît déjà la raison de leur déception, il leur laisse le temps d’aller au fond de leur amertume, de la sonder. Il en ressort une confession qui est un refrain de l’existence humaine: ‘Nous espérions, mais […] Au fond, nous sommes tous un peu comme ces disciples. Que de fois dans la vie avons-nous espéré, que de fois nous sommes-nous sentis à un pas du bonheur, et puis nous nous sommes retrouvés par terre, déçus. Mais Jésus marche avec toutes les personnes qui ont perdu confiance et avancent la tête basse. Et en marchant avec eux, de manière discrète, il parvient à redonner l’espérance.