
Un Institut de Technologie Industrielle au Nigeria
« Ce projet est le résultat de l’encouragement de saint Josémaria Escriva, fondateur de l’Opus Dei, qui tenait à toujours aider ceux qui ont moins de chance dans nos sociétés, pour qu’ils arrivent à vivre dans de meilleures conditions de vie, à avoir des ressources qui leur permettent de se réaliser».
17/12/2008
Le Nigeria est l’un des plus grands producteurs mondiaux de pétrole. Cependant, avec la plupart de ses habitants en dessous du seuil de pauvreté, il est toujours l’un des pays les plus pauvres de la planète.
Le taux de croissance technologique et économique est si bas qu’il y a très peu de flexibilité sociale. Les plus pauvres n’ont pas les moyens de s’en sortir parce qu’ils manquent de formation et des capacités requises dans le marché du travail. De ce fait, le taux de chômage est très élevé (aux environs de 60%). Pour survivre, les chômeurs tombent dans la délinquance, le népotisme et la corruption, voire dans le vol à main armée.
Dans ce contexte, l’enseignement secondaire adapté, qui serait pour beaucoup la meilleure solution ne conduit qu’au niveau des études universitaires, sans lesquelles il faut se résigner à être pauvre et au chômage. De ce fait, les métiers manuels ne sont guère appréciés. Au Nigeria l’apprentissage est la seule voie pour s’initier aux tâches manuelles. L’apprenti, dépend de son tuteur pendant 5 à 10 ans, et vit souvent dans de piètres conditions
Monsieur Agholor nous parle longuement ici de cette école.
Le meilleur investissement
Avec ses ressources humaines et ses réserves naturelles, le Nigeria pourrait être aujourd’hui un pays prospère, en mesure de faire face aux besoins de l’éducation, de la santé et des infrastructures de ses 120 millions d’habitants. Cependant, 70% de la population vit avec moins d’un dollar par jour, ce qui est à l’origine d’une corruption, d’un népotisme et d’une délinquance endémiques.
Interview accordée par Darlington Agholor, directeur de l’Institut
Où avez-vous puisé votre inspiration ?
Avec 500 mètres carrés, l’école accueille aujourd’hui 75 élèves.
Quel est le niveau de l’enseignement technique au Nigeria ?
Le Nigeria qui n’a jamais donné une priorité à l’enseignement technique ne reconnaît pas son importance pour l’économie du pays. Le gouvernement a commencé tout récemment à reconnaître cette carence.
Quelles sont vos méthodes ?
Nous avons adopté l’enseignement en alternance, modèle allemand d’abord et très répandu aux Philippines. L’étudiant fait son apprentissage sur deux niveaux totalement harmonisés, l’école et l’entreprise. L’école pour l’enseignement général avec ses volets culturel, social, doctrinal, l’entreprise avec son expérience pratique, sur le terrain, où l’on apprend aussi à travailler en équipe.
L’enseignement sur l’éthique du travail est un plus dans le curriculum de l’ITI. Nous faisons en sorte que les étudiants apprécient la profonde valeur positive du travail.
Cette façon de voir est celle de saint Josémaria, dont l’enseignement sur la dignité d’un travail honnête et la possibilité de le sanctifier inspirent la vie de cette école. En effet, c’est à un journaliste qu’il s’adressa ainsi en 1968 : « Qui veut vivre parfaitement sa foi et pratiquer l’apostolat selon l’esprit de l’Opus Dei, doit se sanctifier avec sa profession, sanctifier sa profession et sanctifier les autres avec sa profession.[…] En effet, cette tâche ordinaire est non seulement le milieu où il doit se sanctifier, mais la matière même de sa sainteté : c’est au milieu des incidences de la journée qu’il découvre la main de Dieu et qu’il trouve un encouragement pour sa vie de prière ». Et d’ajouter : « C’est ce travail professionnel qui le met en rapport avec d’autres personnes, avec la famille, les amis, les collègues, et avec les grands problèmes qui touchent la société et le monde entier. Aussi, doit-il s’efforcer de rendre un authentique témoignage du Christ afin que tous apprennent à connaître et à aimer le Seigneur, à découvrir que la vie normale dans le monde, le travail de tous les jours, peut être une rencontre avec Dieu ». (Entretiens avec Mgr Escriva, n° 70)
Le travail manuel a un atout spécial : il est propre à faire comprendre la valeur sanctifiante du travail puisqu’il y a un résultat à la clef que l’on peut voir et toucher. Je crois pour ma part que l’enseignement du fondateur de l’Opus Dei est donc plus perceptible.
Pour l’enseignement de l’éthique du travail, la formation personnelle se fait grâce au préceptorat. L’étudiant s’entretient durant 30 minutes avec son instructeur : ils abordent tous les sujets : personnel, social, culturel, moral. Ainsi le précepteur aide l’étudiant à adapter la formation à ses circonstances personnelles. Cette méthode est laissée au choix des étudiants.
On peut se demander jusqu’où l’ITI peut arriver. Je pense qu’il faut aller au bout des besoins du monde de l’industrie et du secteur des services. Avec cela, le travail est un moyen pour aller au Ciel et l’ITI prépare les gens à faire du bon travail. Tant qu’il y aura la vie sur terre, il y aura des gens qui travailleront et l’ITI continuera toujours de les aider à faire un travail de pros.
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07/09/2010

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